Kenedy : la théorie du plot

Connaissez-vous John Fitzgerald Kennedy ? Oui. John John Kennedy ? Oui. Cory Kennedy ? Peut être. Mais, connaissez-vous Daniel Kenedy ? Si certains érudits du PSG ne l’ont jamais oublié, ce n’est pas le cas du commun des mortels, qui l’a rayé des mémoires footballistiques. Comptoir Parisien a décidé de réouvrir son dossier.

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Eté 1996. Fraîchement couronné parmi les rois d’Europe, le Paris Saint-Germain est à l’apogée de son histoire. Des joueurs cultes, un public bouillant, et une santé économique qui permet au club de garnir l’effectif durant les mercatos. Pour l’exercice 1996/1997, les dirigeants sont confrontés aux départs de plusieurs éléments importants de l’équipe, comme Bravo, Djorkaeff, Cobos, Anelka. De plus, Luis Fernandez quitte son poste d’entraîneur pour prendre les commandes de l’Athletic Bilbao. Le changement est brutal mais il est nécessaire de tourner la page. Pour le poste d’entraîneur, le PSG fait confiance à un ancien de la maison, Ricardo, accompagné de Joël Bats comme adjoint. Dans les négociations pour son retour dans la capitale, l’entraîneur brésilien souhaite inclure un jeune latéral prometteur. Son nom ? Daniel Kenedy.

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Espoir et désillusion

Le jeune lusitanien débarque donc dans la capitale avec une certaine réputation. Il a réussi de bonnes performances avec les jeunes du Portugal et son parcours à Benfica est concluant. C’est donc logiquement que les supporteurs parisiens l’attendent avec intérêt. Très vite, il s’intègre dans l’équipe grâce à Raï, N’Gotty, et Leonardo qui le mettent à l’aise. Logiquement propulsé titulaire au détriment du jeune Didier Domi, il commence pourtant la saison dans la difficulté, et certains supporteurs entrevoient déjà la supercherie. Pourtant, ses carences défensives et son manque d’impact vers l’avant ne sont guère pointés du doigt, car Paris est une machine bien huilée, surtout défensivement. D’ailleurs, la saison est très réussie pour les Parisiens, qui atteignent la finale de Coupe des Coupes et finissent à la deuxième place en championnat. Mais cela ne suffit pas à masquer les largesses du latéral portugais, qui confirme ses déboires offensifs lorsqu’il est utilisé comme milieu gauche. De plus, le joueur aurait des problèmes de poids récurrents qui amoindriraient ses performances. Les conséquences de ses faiblesses lui valent de passer une soirée de cauchemar lors du fameux PSG-Juventus de Supercoupe d’Europe où les Parisiens enregistrent la pire performance du club en s’inclinant 6-1 à domicile.

Désormais considéré comme un tocard par les supporteurs, il gère mal cette pression et cède aux appels du FC Porto au bout d’un an de contrat seulement. Malin comme un singe, Michel Denisot arrivera à obtenir Edmilson dans la transaction, mais le joueur sera lui aussi un échec. Kenedy quitte donc la Capitale pour l’ennemi légendaire du Benfica, cassant ainsi les espoirs que Ricardo avait placés en lui. Une décision qu’il finira par regretter, ce qu’il expliquait presque 15 ans plus tard dans un entretien avec Sofoot : « A l’époque le FC Porto me voulait et j’avais envie de retourner au pays. On me proposait les mêmes conditions qu’en France. C’était tentant. Mais les choses ne se sont pas passées comme je l’espérais à Porto. Si je pouvais revenir en arrière, je resterais au PSG. J’ai fait une erreur en quittant Paris…»

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Kenedy dépassé par Di Livio

Suite et fin d’une carrière étonnante

S’il se perd les années suivantes  au FC Porto, à Almadora ou à Albacete, le Portugais revient pourtant dans la lumière avec le Maritimo Funchal, où il effectue une très bonne saison 2001-2002, après avoir été repositionné au milieu de terrain par son entraîneur. Mieux, ses bonnes prestations donnent lieu à une surprenante sélection avec le Portugal pour la Coupe du Monde 2002. Mais encore une fois, le rêve s’arrêtera prématurément pour lui. Deux semaines avant la compétition, la sélection lusitanienne organise un contrôle anti-dopage au sein de l’effectif et déclare Daniel Kenedy positif. Le joueur avouera avoir consommé un médicament à base de Furosemide pour contrôler son poids durant la trêve de fin de championnat. La sanction tombe et signe la petite mort de sa carrière : 18 mois de suspension. Il tente de se relancer à Braga où il joue une vingtaine de matchs mais la suite est dure : Academica Coimbra, puis l’Apoel Nicosie, avant de finir sous le soleil de la  Grèce, au PAE Enosis Ergotelis Héraklion, loin de la grisaille parisienne mais dans l’anonymat le plus complet.

Bonus : pour en savoir plus sur l’assassinat de JFK, ce petit reportage retrace fidèlement les conditions de sa mort.

Pierre Briend

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